Startup Act Sénégal : cinq ans de retard, mais enfin sur la ligne de départ

Dakar, le 10 novembre 2025

Après plus de cinq ans d’attente, le Startup Act du Sénégal entre enfin dans sa phase d’opérationnalisation. Annoncée par le Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), en partenariat avec l’équipe Écosystème Startup, la mise en œuvre de cette loi marque une étape décisive pour le développement de l’innovation et de l’entrepreneuriat numérique au Sénégal.

Le lancement officiel aura lieu le 20 novembre 2025 à la Place du Souvenir Africain, simultanément dans les sept pôles économiques du pays. Un rendez-vous symbolique qui, pour beaucoup, incarne le “mieux vaut tard que jamais” d’un texte attendu depuis 2019.

Une loi pionnière longtemps restée en sommeil

Adopté par l’Assemblée nationale le 27 décembre 2019 et promulgué le 6 janvier 2020, le Startup Act sénégalais se voulait à l’époque un texte avant-gardiste. Inspiré des modèles tunisien et italien, il visait à créer un environnement favorable à la croissance des startups, notamment à travers :

* Des exonérations fiscales de trois ans sur l’impôt sur les sociétés et les cotisations sociales ;

* Un accès facilité aux marchés publics et au financement ;

* Un label “Startup” délivré aux jeunes entreprises innovantes répondant à des critères précis.

Pourtant, pendant plusieurs années, la loi est restée à l’état de promesse. Entre la crise du COVID-19, les lenteurs administratives et la complexité de la mise en place du mécanisme de labellisation, l’écosystème entrepreneurial a souvent exprimé sa frustration face à ce retard.

2025 : le redémarrage tant attendu

L’annonce du MCTN sonne donc comme un nouveau départ. En espérant que la Plateforme de labellisation est désormais prête, et que les premiers appels à candidatures soient lancés avant la fin de l’année.Cette phase d’activation permettrait ainsi aux startups sénégalaises de bénéficier concrètement des avantages promis depuis cinq ans.

“Ce qui compte aujourd’hui, c’est de transformer cette loi en outil vivant au service des jeunes entrepreneurs”, confie un acteur du numérique sénégalais. “Mieux vaut tard que jamais, mais espérons que cette fois-ci, ce soit la bonne.”

Un levier d’inclusion et d’attractivité régionale

Le Startup Act ambitionne de positionner le Sénégal comme un hub technologique régional, capable d’attirer des investisseurs, de retenir les talents et de stimuler la création d’emplois qualifiés.Le texte s’adresse aux startups détenues à au moins 33 % par des Sénégalais résidents ou de la diaspora, et aux entreprises qui innovent dans des domaines tels que le numérique, l’agriculture intelligente, la fintech, ou la santé.En parallèle, la loi s’inscrit dans une vision plus large de transformation économique, où l’innovation devient un pilier central du développement.

L’attente d’un vrai passage à l’action

Si l’écosystème se réjouit de voir le processus avancer, beaucoup soulignent qu’il faudra aller plus loin : garantir une mise en œuvre rapide, un accompagnement réel des startups labellisées, et surtout une coordination efficace entre les acteurs publics et privés. Car au-delà du symbole, l’enjeu est bien de faire du Startup Act un instrument concret de croissance, capable de transformer les ambitions en résultats tangibles.

Le Sénégal s’apprête enfin à réveiller une loi longtemps endormie. Et cette fois, l’écosystème espère que ce ne sera pas un simple sursaut, mais le vrai départ d’une nouvelle ère pour l’innovation et l’entrepreneuriat national.

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